Trois semaines en Asie : Oman - Inde - Bahrein - Qatar - Istanbul travel blog


Une fois n'est pas coutume, je me suis réveillé tout seul, sans réveil à 6h45 du matin et je me suis levé sans aucune difficulté... Décidemment, le soleil y est pour beaucoup dans mon sommeil.

François est parti au travail à 7h20, et moi je quitte l'appartement vers 7h35, après une douche et un café rapides. fait un temps superbe pour conduire... Je prends la voiture pour me rendre dans la région du Jebel Akhdar (Montagne verte), au sud-ouest de Mascate. Pour s'y rendre, rien de plus facile : il faut prendre l'autoroute et sortir à Nizwa, à 175 km de Mascate. Toutefois, je sors 30 km avant Nizwa, à Izki pour emprunter une route parallèle en excellent état qui longe le versant de la montagne. Ca me permet de contempler le paysage, qui n'est pas sans me rappeler les montagnes du Nord-Ouest du Yémen. Les villages sont relativements semblables, mais bien plus riches qu'au Yémen. Les maisons sont relativement neuves, mais comme à Mascate, elles se fondent relativement bien dans le paysage rocailleux: elles ont généralement une couleur orangée.

Comme je ne sais absolument pas à quoi m'attendre, j'ai une excellente surprise en arrivant au centre de Nizwa : un magnifique fort ainsi qu'un souk entièrement rénovés m'attendent. Il doit faire près de 30 degrés, et le soleil tape fort, même si je suis à 750m d'altitude. Je ne manque pas une occasion de prendre des photos. Le fort de Nizwa est emblématique d'Oman avec ses murs en argile. Il est remarquablement bien restauré (trop même) et ressemble en tous points au fort d'origine, datant du 9e siècle. J'apprends ainsi comment les tribus montagnardes repoussaient les envahisseurs: elles faisaient couler du jus de datte bouillant à travers des interstices si l'ennemi tentait de forcer l'entrée. Il y a toute une série de systèmes ingénieux pour ralentir, voire repousser les envahisseurs.

Après la visite du fort, je m'attarde dans le souk du village. Comme partout ailleurs, le souk est divisé en métiers. On voit le souk des fruits et légumes, le souk de la viande, le souk des artisans, etc. Il y a même un souk des chèvres, mais il n'est ouvert que le jeudi, quand tous les bergers des environs viennent vendre leurs chèvres.

Après Nizwa, je reprends la route et je fais un petit détour pour aller visiter la grotte de Al-Hoota, ouverte au public depuis 2006. Le prix de l'entrée est prohibitif : 11 euros pour une grotte moins impressionnante que les grottes de Han-sur-Lesse. Cependant, il parait que lorsque la grotte de Al-Hoota a été inaugurée, la moitié de la population de Mascate s'est déplacée pour la visiter, preuve de l'intérêt que les Omanais manifestent pour les visites culturelles. En effet, tous les weekends, les Omanais quittent Mascate pour faire des excursions dans le pays. Du samedi au mercredi, c'est calme en dehors de la capitale, mais le jeudi et vendredi (weekend omanais), il vaut mieux éviter les sites touristiques majeurs et rester dans la capitale, étrangement déserte!

La visite de la grotte terminée, je vais au fort de Jibrin, à 35km de là. IL ressemble à celui de Nizwa, mais est moins impressionnant, car il y a moins de décorations et de descriptions sur le rôle des salles que je visite.

J'essaie de déterminer un itinéraire pour remonter vers le nord, et d'après mon plan, il y aurait une route nationale menant directement vers la mer d'Oman sans repasser par l'autoroute. Je passe par le village d'Al-Hamra, situé dans une charmante oasis de palmiers. C'est lors de mon passage dans ce village que je découvre que la route menant vers le Jebel Shams est maintenant goudronnée et que je peux l'emprunter pour me rendre à l'entrée du Wadi Ghul pour prendre de superbes photos. Le Wadi n'est accessible qu'en 4x4, mais l'entrée de celui-ci est signalée par un village abandonné, dans un décor de carte postale. Je m'arrête pour prendre une photo qui est reprise dans la majorité des guides de trekking : un village abandonné, à flanc de montagne et avec une palmeraie à ses pieds. Je ne peux pas m'aventurer dans le wadi avec la Toyota Yaris mais j'en ai assez vu. Je fais demi-tour pour aller visiter le village montagnard de Misfat Al-Abriyyin, un des rares vieux villages de montagne accessible avec une voiture ordinaire. La route est excellente mais zigzague sur une pente très raide. La voiture peine à avancer et ce n'est qu'après 20 minutes (et 6km) que j'arrive au village, à plus de 1200m d'altitude. Un panneau me signale qu'il existe un point de vue panoramique pour prendre une belle photo. C'est au bout d'une rue en cul-de-sac que je constate que le village ressemble en tous points à un village des montagnes Haraz du Yémen. Ca me rappelle de beaux souvenirs...

Normalement, d'après mon plan, la route "nationale" (qui est ici une route ordinaire mais flambant neuve) doit se poursuivre vers Al-Rustaq, à 40km au nord, d'où je peux reprendre une autre route plus large pour rejoindre Mascate. Apparemment, celui qui a fait le plan s'est lamentablement trompé, car à Misfat Al-Abriyyin, la route s'arrête abruptement pour laisser place à un sentier d'ânes, et il n'existe aucune autre route dans les environs immédiats. Je suis forcé de rentrer à Mascate par là où je suis venu, autrement dit plus de 200km, alors que je pensais ne faire que 130km en coupant par la montagne. Il est presque 16h, et le soleil se couche vers 17h30.

Finalement, je me rends compte que j'ai bien fait de reprendre la route prise ce matin, car peu avant le coucher du soleil, il commence à pleuvoir: une véritable pluie de mousson comme hier. Je dois rouler lentement sur l'autoroute, car rien n'est prévu pour évacuer le trop plein d'eau de pluie. Même si l'autoroute est éclairée (un point commun avec la Belgique!), la visibilité est mauvaise à cause de la pluie torrentielle.

J'arrive à Mascate à 18h15, après avoir fait le plein dans une station-service. Le prix de l'essence (super) est 6 fois inférieur au prix pratiqué chez nous : 0,24€ le litre!!!

Oman est un petit joyau méconnu, avec des routes à faire pâlir d'envie l'alcoolo Daerden qui n'a pas réussi à retaper nos routes wallonnes. Il est facile de couvrir de grosses distances en peu de temps. Pour preuve, j'ai fait 550km en une journée, chose inimaginable au Yémen ou en Inde. Le pays se modernise à une vitesse folle, mais le gouvernement tente de préserver au maximum les sites dignes d'intérêt, et encourage le tourisme écologique. Les campeurs et les trekkeurs sont plus que bienvenus en Oman. Bref, que de bonnes surprises jusqu'à présent.



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