Voyage de Thierry en Inde du Sud 2007 travel blog


La nuit il y a eu un enorme orage, violent au point de faire vibrer les maisons de beton. J'ai eu des orages pareils a Pondichery. On a l'impression que le ciel nous tombe sur la tete, tellement le tonnerre est fort. Meme sans appareils auditifs, je peux l'entendre et sentir les vibrations... C'est assez effrayant et ca peut durer des heures...

Le matin, une fois n'est pas coutume en vacances, je me permets de faire la grasse matinee. Je loge dans un hotel tres propre et confortable. Autant en profiter...

Comme je n'ai pas pu aller directement a Tanjore a partir de Pondichery, je decide d'y faire une excursion d'une apres-midi. La ville n'est pas tres eloignee de Trichy (56 km), mais le trajet prend quand meme une heure et demie sur une route nationale frequentee par de nombreux camions. Pour prendre le bus, je dois demander un peu partout dans l'immense gare routiere de Trichy. Je sais maintenant dechiffrer quelques lettres en tamoul (un quart de l'alphabet environ), mais ca ne m'avance guere quant aux destinations des bus locaux. Je sais juste que les departs se font toutes les 5 minutes. On me pointe l'autre bout de la gare routiere et je demande a un controleur s'il s'agit bien du bus pour Tanjore. Je ne sais pas prononcer le nom de la ville correctement en tamoul, et je dois l'ecrire sur un bout de papier. Peu de personnes ici savent lire l'alphabet romain. Pas facile de trouver quelqu'un qui sache lire l'anglais y compris les controleurs de bus. Dans l'Andra Pradesh ou dans le Maharashtra, c'etait bien plus facile...

Un controleur me fait savoir que c'est bien son bus que je dois prendre, mais je dois repeter ma question plusieurs fois afin d'etre sur. Je sais que parfois les Indiens disent oui pour faire plaisir et le controleur ne me semble pas tres convaincant... Je ne suis pas tres rassure pour autant, mais je grimpe quand meme dans le bus. Tant pis si je me suis trompe. Je paie 15,50 roupies pour le trajet. A un gros carrefour, le bus prend la direction de Tanjore (qui est bien indiquee, y compris en anglais). Je suis soulage, je suis dans le bon bus...

Je me suis acculture aux manieres rudes des Indiens du Sud. Aucun sens de la politesse ni de la galanterie ici. Personne ne fait la file, tout le monde se precipite au meme moment lorsqu'il faut grimper dans un bus, ou on reveille quelqu'un pour lui demander de bouger ses fesses afin qu'on puisse s'asseoir. Les bus gouvernementaux ne sont pas confortables; on a tres peu de place pour les jambes et on y est serres comme des sardines. En revanche, les prix sont imbattables...Un homme me demande sechement de lui faire de la place pour qu'il s'asseye confortablement. Dix minutes apres, j'en ai assez de son comportement desinvolte (il appuie carrement son dos contre mon bras gauche, et s'etire les jambes dans le couloir), je lui demande de changer de place en pointant le siege de devant et en le sommant d'aller s'y asseoir. En Inde, on ne dit pas s'il vous plait ou merci; on exige... Avec mes manieres d'occidental, je passerais pour quelqu'un de timore ou de trop gentil. Je dois forcer mon chemin, remettre les gens a leur place et ne pas laisser faire...

Les Indiens sont egalement incroyablement curieux: ils regardent sans cesse au-dessus de mon epaule pour admirer mes bouquins ou mon appareil photo. Quand ils n'ont pas ete invites a le faire, je leur fais savoir qu'ils me derangent en fermant mes bouquins ou en allant dans la direction opposee a la leur. Je sais que ca fait partie de leur mentalite, mais je n'arrive pas a me faire a cette incursion permanente dans mon espace prive. De plus leurs questions sont repetitives : where are you from, what is your name, are you married, how much do you earn? Ils veulent tous savoir mon salaire. La reponse que je leur donne invariablement est "I earn enough" (je gagne assez d'argent).

Le ciel est couvert, mais les rayons du soleil percent quand meme la fine couche de nuages au-dessus de moi, et il fait tres chaud comme d'habitude... Pas etonnant que les gens d'ici aient la peau noire... Le soleil tape vraiment fort...

J'arrive a Tanjore a 12h30. C'est une grosse bourgade tres poussiereuse, pas laide du tout, mais encombree de monde... Il y a tellement de pietons qu'ils occupent les trois quarts de la chaussee. Je deniche un restaurant propre et bien rempli (plus il est rempli, plus la nourriture est - en principe - fraiche) et je commande un poulet au gingembre. Ayant deja mange cela en Belgique chez des amis sourds, je pense recevoir un poulet au gout suave. Au lieu de cela, on me sert un poulet tellement epice que le gout du gingembre est dissimule derriere les piments (rouges de surcroit). J'arrive a tout manger mais j'ai la bouche en feu: c'est de loin le plat le plus pimente que j'aie jamais mange. On m'aurait mis des piments rouges entiers en bouche, ca aurait ete pareil. Pas de problemes gastriques ou de flatulences incontrolees par la suite, mais des intestins bien desinfectes...

Je visite le palais de Tanjore, une magnifique demeure non restauree, dans lequel se trouvent plusieurs petits musees. L'interet de ce palais n'est pas tant ce qu'il y a dans les musees, mais les pieces elles-memes. Il y a cependant une partie consacree aux manuscrits qui a attire mon attention. J'ai pu y admirer de vieux manuscrits dans diverses langues indiennes...

Ensuite, visite du temple de Tanjore, un extraordinaire exemple de l'art Chola des 9e et 10e siecles. C'est un des temples les plus grandioses d'Inde du Sud avec son gopuram de 70m de haut et son enorme lingam de 4m. Les sculptures que je peux admirer me rappellent celles de Mahaballipuram que j'ai visite il y a quelques jours. Je prends de nombreuses photos ici...

Retour a Trichy et diner dans le resto de l'hotel



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